Dimensions

  • Échelle: 1:200
  • Longueur: 127 cm.
  • Hauteur: 29,20 cm.
  • Largeur: 18,20 cm.

Composants

  • Coque en bois avec ordonnée et bordé
  • Ponts en bois
  • 2266 pièces photogravées
  • 16 feuilles de contreplaqué découpées au laser

Documentation

Instructions de montage en deux volumes colorés

Bientôt disponible

Contexte historique

(Source Wikipedia.org)

Le Bismarck était le premier cuirassé de la classe Bismarck construit pour la Kriegsmarine sous l'Allemagne nazie. Nommé d'après le chancelier allemand Otto von Bismarck qui fut l'un des architectes de l'unification allemande au xixe siècle, il fut, avec son navire-jumeau le Tirpitz, le plus grand navire de guerre utilisé par l'Allemagne.

Construction et caractéristiques

Le Bismarck fut commandé sous le nom d'Ersatz Hannover pour remplacer le vieux pré-dreadnought SMS Hannover lancé en 1905. Le contrat pour sa construction fut accordé au chantier naval Blohm & Voss de Hambourg où la quille fut posée le 1er juillet 1936. Le navire fut lancé le 14 février 1939 en présence d'Adolf Hitler et il fut baptisé par Dorothee von Löwenfeld, la petite-fille de l'ancien chancelier Otto von Bismarck qui avait donné son nom au cuirassé4. Il fut achevé durant l'été 1940 et il entra en service le 24 août 1940.

Le Bismarck avait une longueur hors-tout de 251 mètres, une longueur de flottaison de 241,6 mètres, un maître-bau de 36 mètres et un tirant d'eau en charge de 9,9 mètres. Avec son navire-jumeau le Tirpitz, il était le plus grand navire construit par l'Allemagne (mais non du monde : au tout premier rang se trouvaient le 'Yamato' (1937) et le 'Musashi' (1938), cuirassés japonais). Son déplacement à pleine charge de 50 300 tonnes surpassait celui de tous les autres cuirassés européens. Seul le HMS Vanguard, mis en service après la Seconde Guerre mondiale, le dépassera.

Le Bismarck était propulsé par trois hélices mues par trois turbines à vapeur Brown-Boveri (Blohm & Voss) alimentées par douze chaudières à mazout Wagner développant une puissance de 111,98 MW et qui procurait au bâtiment une vitesse maximale de 29 nœuds (53,7 km/h). Aux essais, la vitesse maximale atteinte fut, selon les sources, de 30,01 nœuds (55,6 km/h) ou de 31,1 nœuds (57,6 km/h).

L'armement principal se composait de huit canons de 380 mm disposés en quatre tourelles doubles, deux à l'avant (« Anton » et « Bruno ») et deux à l'arrière (« Caesar » et « Dora »). Chacune de ces tourelles pouvait tirer un obus de 800 kilogrammes à 36 520 mètres à un rythme optimal de trois par minute. L'artillerie secondaire comprenait douze canons de 150 mm (en) ainsi que respectivement seize, seize et douze canons antiaériens de 105 (en), 37 mm et 20 mm. La ceinture blindée avait une épaisseur de 320 mm et elle était surmontée par des ponts de 50 à 120 mm. Les tourelles principales étaient protégées par 360 mm de blindage à l'avant, 220 mm sur les flancs et 130 mm sur le dessus.

L'équipage normal se composait de 103 officiers et de 1 962 marins mais il pouvait dépasser les 2 200 en comptant l'équipage de prise, l'état-major de la flotte et les correspondants de guerre. Le Bismarck emportait également quatre hydravions Arado Ar 196.

Carrière opérationnelle

Le 15 septembre 1940, trois semaines après sa mise en service, le Bismarck quitta Hambourg pour des essais en mer dans la baie de Kiel. Le dragueur de mines Sperrbrecher 13 l'escorta ensuite jusqu'au cap Arcona puis à Gotenhafen pour des essais dans le golfe de Dantzig. Lors des tests, la capacité du navire à virer en utilisant uniquement ses hélices se révéla médiocre et l'équipage nota que même en faisant fonctionner à pleine vitesse et en sens contraire les hélices extérieures, cela ne changeait que légèrement le cap du cuirassé. À l'inverse, les essais de vitesse démontrèrent le bon fonctionnement des machines tandis que les tests d'artillerie à la fin du mois de novembre furent très satisfaisants. Le Bismarck resta en mer jusqu'à son retour à Hambourg le 9 décembre où il subit quelques modifications mineures.

Il était prévu que le navire se rende à Kiel le 24 janvier 1941 mais le naufrage d'un navire marchand dans le canal de Kiel bloquait son utilisation. Le mauvais temps empêcha le retrait de l'épave et le Bismarck ne remonta le chenal qu'en mars. Ce retard irrita Lindemann qui remarqua que « le Bismarck a été immobilisé à Hambourg durant cinq semaines… la perte d'un précieux temps en mer qui en a résulté ne peut être compensée et un retard significatif dans le déploiement final du navire est donc inévitable ». Alors qu'il se trouvait à Hambourg, le cuirassé fut visité par le capitaine de vaisseau Anders Forshell, l'attaché militaire suédois en Allemagne, qui rédigea une description détaillée du navire à son retour en Suède. Le document fut transmis secrètement au Royaume-Uni par des éléments pro-britanniques de la marine suédoise, ce qui permit à la Royal Navy d'obtenir ses premiers renseignements sur le navire même si des éléments importants comme le rayon d'action, la vitesse maximale et le déplacement restaient inconnus.

Le 6 mars, le Bismarck prit finalement la mer pour Kiel avec une escorte de chasseurs Messerschmitt Bf 109, deux croiseurs auxiliaires et un brise-glace. Le matin du 8 mars, il s'échoua pendant une heure sur la rive sud du canal. À son arrivée au port le lendemain, son équipage embarqua des munitions, du ravitaillement et du combustible et peignit des motifs Dazzle sur la coque. Des bombardiers britanniques attaquèrent sans succès le port le 12 mars. Le 17 mars, le vieux cuirassé Schlesien, utilisé comme brise-glace, escorta le Bismarck jusqu'à Gotenhafen pour de nouveaux essais.

L'Oberkommando der Marine (« Haut commandement de la flotte » ; OKM) commandé par l'amiral Erich Raeder, comptait poursuivre ses opérations d'attaque des convois alliés à l'aide de ses navires de surface. Les deux cuirassés de la classe Scharnhorst se trouvaient alors dans le port français de Brest qu'ils avaient rejoint à la fin de l'opération Berlin au cours de laquelle ils avaient coulé 22 navires alliés. Le navire-jumeau du Bismarck, le Tirpitz étant quasiment terminé, il était envisagé que les quatre cuirassés se retrouvent dans l'Atlantique et la date fut fixée au 25 avril 1941 lors de la nouvelle lune pour éviter que les Britanniques ne les repèrent.

Ce plan se révéla irréalisable car les travaux d'achèvement du Tirpitz furent plus longs que prévu et il ne fut pas prêt au combat avant la fin de l'année 1941. Dans le même temps, le Gneisenau fut torpillé dans le port de Brest le 6 avril puis bombardé trois jours plus tard alors qu'il subissait des réparations en cale sèche. Les dégâts étaient limités mais le navire resta indisponible pendant plusieurs mois tandis que les chaudières du Scharnhorst devaient être remplacées ; les deux cuirassés de la classe Scharnhorst n'étaient donc pas disponibles pour l'opération prévue. Pour ne rien arranger, les bombardements britanniques sur les arsenaux de Kiel ralentirent les réparations sur les croiseurs lourds Admiral Scheer et Admiral Hipper qui ne seraient pas disponibles avant le milieu de l'été. Devant ces difficultés, l'amiral Günther Lütjens, choisi pour diriger la sortie, suggéra de la repousser jusqu'à ce que le Scharnhorst ou le Tirpitz puisse y participer mais l'OKM décida de lancer l'opération Rheinübung avec seulement deux navires : le Bismarck et le croiseur lourd Prinz Eugen. Lors d'une réunion avec l'amiral Raeder à Paris le 26 avril, Lütjens décida finalement de lancer l'opération le plus rapidement possible afin de ne pas laisser de répit à l'ennemi.

Opération Rheinübung

Le 5 mai, Adolf Hitler et Wilhelm Keitel visitèrent le Bismarck à Gotenhafen et le chancelier allemand échangea avec Lütjens sur la mission à venir. Le 16 mai, ce dernier rapporta que ses deux navires étaient prêts pour l'opération Rheinübung et il fut autorisé à prendre la mer dans la soirée du 19 mai. Dans le cadre de l'opération, une dizaine de pétroliers furent déployés dans l'Atlantique pour ravitailler le Bismarck et le Prinz Eugen tandis que quatre sous-marins furent positionnés entre la Nouvelle-Écosse et les îles Britanniques pour repérer les convois alliés.

Au début de sa mission, le Bismarck comptait 2 221 officiers et marins dont un équipage de prise de 80 hommes pouvant être utilisé pour manœuvrer les navires capturés durant l'opération. Le cuirassé quitta Gotenhafen le 19 mai à 2 h du matin en direction des détroits danois (en) ; il fut rejoint à 11 h 25 par le Prinz Eugen qui avait quitté le cap Arcona la veille. Les deux navires furent escortés par trois destroyers — le Z10, le Z16 et le Z23 (en) — ainsi que par plusieurs dragueurs de mines tandis que la Luftwaffe assura la protection aérienne. Le 20 mai vers midi, Lindemann informa les équipages de leur mission.

À peu près au moment de la communication du commandant, une dizaine d'appareils de reconnaissance suédois repéra les navires et rapporta leur cap sans qu'ils soient repérés par les Allemands. Une heure plus tard, la flottille croisa le croiseur suédois HMS Gotland et ce dernier la suivit discrètement pendant deux heures dans le Cattégat. Il informa alors l'état-major suédois que « deux grands navires, trois destroyers, cinq navires d'escorte et 10-12 avions ont dépassé Marstrand ». Lütjens et Lindemann estimèrent que le secret de l'opération avait été éventé et effectivement, le rapport suédois fut transmis à l'attaché militaire britannique qui en informa à son tour l'Amirauté. Les casseurs de code de Bletchley Park confirmèrent qu'un raid dans l'Atlantique était imminent car ils avaient décrypté les rapports allemands selon lesquels le Bismarck et le Prinz Eugen embarquaient des équipages de prise et avaient demandé des cartes marines supplémentaires. Deux chasseurs Supermarine Spitfire furent envoyés en reconnaissance le long de la côte norvégienne pour repérer la flottille allemande.

Dans le même temps, les vols de reconnaissance allemands notèrent qu'un porte-avions, trois cuirassés et quatre croiseurs restaient à l'ancre dans la principale base navale britannique à Scapa Flow en Écosse ; cela poussa Lütjens à considérer que les Britanniques n'étaient finalement pas au courant de sa sortie. Le soir du 20 mai, le Bismarck et le reste de la flottille atteignirent la côte norvégienne et les dragueurs de mines furent renvoyés en Allemagne. Le lendemain, les opérateurs radio du Prinz Eugen captèrent des messages radio britanniques demandant des vols de reconnaissance pour localiser deux cuirassés et trois croiseurs remontant la côte norvégienne. À 7 h du matin, les marins allemands repérèrent quatre appareils non identifiés qui s'éloignèrent rapidement. En début d'après-midi, la flottille arriva à Bergen et mouilla dans le Grimstadfjord.

Alors que le Bismarck était en Norvège, deux chasseurs Bf 109 volaient autour du fjord pour empêcher les attaques aériennes britanniques mais un pilote de Spitfire parvint à survoler la flottille et à la photographier depuis une altitude de 8 000 mètres. Ayant reçu cette information, l'amiral John Tovey ordonna au vieux croiseur de bataille HMS Hood, au nouveau cuirassé HMS Prince of Wales et à six destroyers de rejoindre les deux croiseurs patrouillant dans le détroit du Danemark tandis que le reste de la Home Fleet fut placé en état d'alerte. 18 bombardiers furent envoyés attaquer les navires allemands mais le mauvais temps empêcha la réussite de la mission.

Le Bismarck ne fut pas ravitaillé en combustible durant son mouillage en Norvège car cela n'était pas imposé par ses ordres. Le 21 mai à 19 h 30, le Bismarck, le Prinz Eugen et les trois destroyers d'escorte quittèrent Bergen. Ces derniers firent demi-tour à 4 h 14 le 22 mai alors que la flottille se trouvait au niveau de Trondheim et vers midi, Lütjens ordonna à ses deux navires de se diriger vers le détroit du Danemark. Décidant de franchir le passage le plus rapidement possible, il demanda le lendemain matin d'accroître la vitesse à 27 nœuds (50 km/h). Le brouillard réduisait la visibilité à quelques kilomètres et les deux navires activèrent leurs systèmes radar; le Bismarck précédait le Prinz Eugen d'environ 700 mètres. La présence de glace obligea à une réduction de la vitesse à 24 nœuds (44 km/h) et les deux navires durent manœuvrer pour éviter les blocs les plus importants. À 19 h 22, les opérateurs des radars et des hydrophones détectèrent le croiseur lourd britannique HMS Suffolk à environ 12 kilomètres et le Prinz Eugen intercepta une communication du navire adverse qui alertait la flotte britannique de leur présence.

Lütjens autorisa le Prinz Eugen à engager le Suffolk mais les artilleurs ne parvinrent pas à ajuster précisément leur cible en raison du brouillard et ils ne tirèrent pas. Se sachant en mauvaise posture, le Suffolk s'éloigna rapidement mais continua à suivre les navires allemands à la limite de portée de son radar, installé récemment, qui était de 12 milles (22 km). À 20 h 30, son navire-jumeau, le HMS Norfolk arriva sur place mais il s'approcha à moins de 10 kilomètres et il fut pris pour cible par le Bismarck qui tira cinq salves ; plusieurs obus tombèrent non loin du croiseur britannique qui créa un écran de fumée et s'éloigna rapidement. L'onde de choc produite par les tirs mit cependant hors service le radar du Bismarck qui dut laisser le Prinz Eugen ouvrir la voie.

Vers 22 h, Lütjens ordonna au Bismarck de faire demi-tour pour essayer de surprendre les deux croiseurs qui le suivaient. Même s'il était dissimulé par la pluie, la manœuvre du cuirassé allemand fut repérée par le radar du Suffolk qui se retira à distance de sécurité. Le mauvais temps prit fin à l'aube du 24 mai laissant apparaître un ciel dégagé et à 5 h 7, les opérateurs des hydrophones du Prinz Eugen détectèrent deux navires inconnus approchant à environ 30 kilomètres depuis le sud-ouest.

Poursuite

Après l'engagement, Lütjens rapporta : « Croiseur de bataille, probablement Hood, coulé. Un autre cuirassé, King George V ou Renown, avarié, viré de bord. Deux croiseurs lourds tiennent le contact ». À 8 h 1 le 24 mai, il transmit le rapport d'avarie à l'OKM et exposa son intention de laisser le Prinz Eugen qui n'avait pas été endommagé poursuivre seul la mission d'attaque de convois, tandis que le Bismarck rejoindrait Saint-Nazaire pour y être réparé. Peu après 10 h, il demanda au Prinz Eugen de passer derrière le cuirassé pour évaluer la gravité de la fuite de combustible provoquée par l'impact sur la proue. Après avoir rapporté la présence de « larges nappes de mazout des deux côtés du sillage », le Prinz Eugen reprit sa position avant. Une heure plus tard, un hydravion britannique Short Sunderland informa le Suffolk et le Norfolk de la présence d'une nappe de mazout. Malgré ses avaries, le Prince of Wales avait rejoint les deux croiseurs mais le contre-amiral Frederic Wake-Walker qui commandait les navires lui demanda de rester légèrement en retrait.

À la suite de la bataille du détroit du Danemark, la Royal Navy ordonna à tous les cuirassés présents dans la région de participer à l'interception de la flottille allemande. La Home Fleet de Tovey était le groupe le plus important mais le matin du 24 mai, elle se trouvait encore à 650 kilomètres des navires allemands. Le cuirassé Rodney qui escortait le paquebot Britannic utilisé comme transport de troupes et devait subir des modifications au Boston Navy Yard rejoignit également Tovey. Par ailleurs, deux vieux cuirassés de la classe Revenge participèrent à la traque : le Revenge venant de Halifax au Canada et le Ramillies qui accompagnait le convoi HX 127. Au total, six cuirassés et croiseurs de bataille, deux porte-avions, treize croiseurs et 21 destroyers furent mobilisés. Dans le même temps, l'Amirauté ordonna aux croiseurs légers Manchester, Birmingham et Arethusa de surveiller le détroit du Danemark dans l'éventualité où Lütjens déciderait de rebrousser chemin. Vers 17 h, l'équipage du Prince of Wales remit en service neuf des dix canons de son artillerie principale et Wake-Walker décida de le laisser passer en tête de sa formation dans le cas d'une rencontre avec le Bismarck.

Avec le retour du mauvais temps, Lütjens demanda à 16 h 40 au Prinz Eugen d'en profiter pour s'éloigner mais la manœuvre n'échappa pas à Wake-Walker et le navire allemand revint provisoirement aux côtés du Bismarck. À 18 h 14, le Bismarck fit demi-tour pour faire face à ses poursuivants. Le Suffolk s'éloigna rapidement et le Prince of Wales tira douze salves sur le cuirassé allemand qui répondit avec neuf ; aucun obus ne toucha sa cible. L'affrontement détourna l'attention des navires britanniques et permit au Prinz Eugen de s'éloigner. Ce dernier poursuivit vers le sud mais des problèmes de propulsion l'obligèrent à abandonner sa mission le 29 mai ; il arriva à Brest le 1er juin sans avoir coulé aucun navire adverse. De son côté, le Bismarck reprit sa route toujours suivi sur bâbord par la flottille de Wake-Walker.

Même si ses avaries l'avaient obligé à réduire sa vitesse, le Bismarck continuait à naviguer à 27 ou 28 nœuds (52 km/h), soit autant que le King George V de la Home Fleet. À moins de pouvoir ralentir le cuirassé, les Britanniques seraient incapables de l'intercepter avant son arrivée en France. Peu avant 16 h le 25 mai, Tovey détacha le porte-avions Victorious et quatre croiseurs légers afin qu'il puisse lancer ses bombardier-torpilleurs. À 22 h, six chasseurs Fairey Fulmar et neuf torpilleurs Fairey Swordfish décollèrent du pont d'envol. Les pilotes inexpérimentés faillirent attaquer le Norfolk et la confusion permit aux défenses anti-aériennes du Bismarck de se préparer. Aucun des appareils ne fut abattu et le cuirassé fut touché par l'une des neuf torpilles qui le visaient. L'impact au milieu du navire au niveau de la ceinture blindée ne perça pas la coque mais l'onde de choc tua un marin et en blessa cinq autres.

L'explosion endommagea légèrement les équipements électriques, mais des dégâts bien plus importants furent causés par la grande vitesse et les manœuvres violentes destinées à échapper aux torpilles. Les réparations de la voie d'eau à la proue furent affaiblies et l'inondation obligea à l'abandon de la salle des machines no 2 sur bâbord. La perte de deux chaudières, la baisse de l'existant en combustible et l'accroissement de la gîte vers l'avant obligea le navire à réduire sa vitesse à 16 nœuds (30 km/h). Après des travaux de colmatage de la brèche avant réalisés par des plongeurs, la vitesse passa à 20 nœuds (37 km/h). Peu après le départ des bombardiers, le Bismarck et le Prince of Wales s'engagèrent dans un bref duel d'artillerie mais aucun des deux ne parvint à mettre au but.

Alors que la poursuite continuait au milieu de l'Atlantique, la formation de Wake-Walker fut contrainte de zigzaguer pour éviter d'éventuels sous-marins allemands présents dans la zone. Cela obligeait les navires à naviguer sur bâbord pendant dix minutes puis sur tribord pendant la même durée pour maintenir le même cap. À 3 h le 25 mai, Lütjens profita du changement de cap du Suffolk pour pousser son navire à sa vitesse maximale, soit à ce moment 28 nœuds (52 km/h), et à virer à l'est puis au nord pour semer ses poursuivants. La manœuvre fonctionna parfaitement et le Bismarck se retrouva à l'arrière de la flottille britannique qui continuait de naviguer vers le sud tandis que le cuirassé allemand se dirigeait vers la France à l'est. Après une demi-heure, le commandant du Suffolk informa Wake-Walker qu'il avait perdu la trace du navire allemand et ce dernier ordonna à ses navires de se disperser pour tenter de le repérer visuellement à l'aube.

Après la perte de contact avec le Bismarck, la Royal Navy lança ses navires dans toutes les directions pour essayer de le retrouver. Le Victorious et son escorte furent envoyés à l'ouest, la flottille de Wake-Walker continua vers le sud et l'ouest tandis que les navires de Tovey naviguaient vers l'Atlantique centre. La Force H composée du porte-avions Ark Royal, du cuirassé Renown et du croiseur léger Sheffield avait quitté sa base de Gibraltar après la bataille du détroit du Danemark mais elle se trouvait encore à au moins une journée de navigation de la zone. N'ayant pas réalisé qu'il avait semé ses poursuivants, Lütjens envoya plusieurs messages radio au quartier-général de la flotte à Paris et ces derniers furent interceptés par les Britanniques. La détermination de la localisation de l'émetteur réalisée à bord du King George V fut cependant incorrecte et elle poussa Tovey à croire que le Bismarck avait fait demi-tour et tentait de rejoindre l'Allemagne par le détroit entre l'Islande et les îles Féroé. Lorsque l'erreur fut découverte sept heures plus tard, le cuirassé allemand s'était considérablement éloigné.

Les casseurs de code britanniques parvinrent cependant à décrypter des communications dont une demande de couverture aérienne pour le Bismarck jusqu'à Brest tandis que la résistance française confirma que des appareils allemands se redéployaient dans la zone. Tovey ordonna donc à ses forces de converger au large de la Bretagne sur la route que devrait emprunter le cuirassé allemand. Un escadron de Consolidated PBY Catalinas basé en Irlande du Nord fut envoyé en patrouille et le 26 mai à 10 h 30, l'un des appareils localisa le Bismarck à 1 280 kilomètres à l'ouest de Brest. Étant donné sa vitesse, le cuirassé rejoindrait la protection des avions et des sous-marins allemands en moins d'une journée et aucun des navires britanniques n'était en mesure de le rattraper.

La situation de la Royal Navy était en effet délicate car le Victorious, le Prince of Wales, le Suffolk et le Repulse avaient été obligés de cesser la poursuite en raison du manque de combustible tandis que le King George V et le Rodney étaient trop éloignés. La seule possibilité était l'aviation embarquée du porte-avions Ark Royal commandé par l'amiral James Somerville. Ses appareils participaient aux recherches quand le Bismarck fut localisé à 110 kilomètres du porte-avions et Sommerville ordonna immédiatement que les Swordfish soient équipés de torpilles pour une attaque immédiate. Il demanda également au croiseur Sheffield de suivre le Bismarck mais les aviateurs n'en furent pas informés. Le résultat fut que les appareils attaquèrent le croiseur britannique, mais leurs torpilles équipées d'un nouveau détonateur magnétique explosèrent lors de l'impact avec l'eau et le Sheffield en réchappa indemne.

Après le retour des Swordfish, une seconde vague de quinze appareils, équipés de torpilles à détonateurs à contact plus fiables, fut lancée à 19 h 10 et l'attaque commença à 20 h 47. Durant l'approche des appareils britanniques, le Bismarck ouvrit le feu sur le Sheffield qui s'éloigna rapidement sous la protection d'un écran de fumée. Dissimulés par la couverture nuageuse, les Swordfish surprirent le cuirassé allemand qui vira brusquement. Une torpille l'atteignit sous la ceinture blindée sur bâbord au milieu du navire. Les effets de l'explosion furent contenus par le blindage, mais elle causa quelques dégâts structurels et une légère voie d'eau. Une seconde torpille frappa le côté bâbord de la poupe du Bismarck. L'axe du gouvernail bâbord fut gravement endommagé et bloqué à un angle de 12° tandis que l'explosion causa d'importants dommages. Les tentatives de réparation échouèrent et Lütjens rejeta l'idée de débloquer la barre à l'aide d'explosifs car cela risquait d'endommager les hélices.

Naufrage

Le gouvernail bâbord étant bloqué, le Bismarck décrivit un large cercle qui l'éloigna de Brest et le rapprocha de la flottille de Tovey. Même si le manque de combustible avait réduit le nombre de navires disponibles, les Britanniques disposaient encore des cuirassés King George V et Rodney et des croiseurs Dorsetshire et Norfolk. À 21 h 40 le 26 mai, Lütjens rapporta à son état-major : « Navire incontrôlable. Nous combattrons jusqu'au dernier obus. Longue vie au Führer ». Le moral de l'équipage, au plus haut après la destruction du Hood, s'effondra et les messages du quartier général, destinés à encourager les marins, ne firent que souligner la situation désespérée du cuirassé. Alors que la nuit tombait, le Bismarck tira brièvement sur le Sheffield qui s'éloigna rapidement, et dans l'obscurité le commandant Philip Vian perdit de vue le navire allemand. Accompagné de cinq destroyers, il reçut l'ordre de maintenir le contact avec le Bismarck durant la nuit.

La flottille retrouva le Bismarck à 22 h 38 et ce dernier lui tira immédiatement dessus avec son artillerie principale. Tout au long de la nuit et jusqu'à l'aube, les destroyers de Vian harcelèrent le cuirassé allemand avec des fusées éclairantes et des dizaines de torpilles mais aucune ne toucha sa cible. Entre 5 et 6 h, l'équipage allemand tenta de lancer l'un des hydravions Arado Ar 196 afin d'emmener le livre de bord, des images de la bataille avec le Hood et d'autres documents importants. Le troisième obus du Prince of Wales avait cependant endommagé la catapulte et tout lancement était impossible ; l'appareil risquant de prendre feu durant l'affrontement à venir, il fut jeté à la mer.

À l'aube du 27 mai, le King George V accompagné sur bâbord par le Rodney lancèrent leur attaque. Tovey avait l'intention d'avancer directement sur le Bismarck avant de virer au sud à 15 kilomètres de la cible pour progresser parallèlement au navire allemand. À 8 h 43, les vigies du King George V repérèrent le Bismarck à environ 23 000 mètres. Quatre minutes plus tard, le Rodney ouvrit le feu avec ses deux tourelles triples avant de 16 pouces (406 mm), le plus gros calibre en vigueur dans la Royal Navy, et il fut imité par le King George V et ses six canons de 14 pouces (356 mm) quatre minutes plus tard. Le Bismarck répliqua à 8 h 50 avec ses canons avant et dès la seconde salve, il ajusta le Rodney.

Alors que les navires se rapprochaient, leurs artilleries secondaires entrèrent en action tandis que le Norfolk et le Dorsetshire commencèrent à utiliser leurs canons de 8 pouces (203 mm). À 9 h 2, un obus de 16 pouces du Rodney pulvérisa la superstructure avant du Bismarck tuant des centaines de marins et endommageant gravement les tourelles avant. Selon les survivants, le tir tua probablement Lindemann, Lütjens et le reste du commandement. Bien qu'atteintes, les tourelles avant tirèrent une dernière salve à 9 h 27 et l'un des obus tomba à quelques mètres de la proue du Rodney, et mit hors service le tube lance-torpilles tribord du cuirassé britannique ; ce fut le meilleur tir des artilleurs allemands durant l'affrontement. Les tourelles arrière tirèrent trois autres salves avant qu'un obus ne détruise le système de télémétrie. Les canons reçurent l'ordre de tirer indépendamment mais à 9 h 31, les quatre tourelles principales avaient été mises hors service.

À 10 h, les deux cuirassés de Tovey avaient tiré plus de 700 obus avec leur artillerie principale. Le Bismarck n'était alors plus qu'une épave en feu avec une gîte de 20° sur bâbord et la poupe presque submergée. Le Rodney s'approcha à seulement 2 700 mètres, soit à bout portant pour des canons de 16 pouces, et continua à tirer. Tovey ne pouvait en effet pas cesser le combat avant que les Allemands n'abaissent leurs couleurs ou commencent à abandonner le navire. Le cuirassé britannique tira deux torpilles depuis son tube bâbord et l'une d'elles toucha sa cible. Selon le journaliste Ludovic Kennedy (en), « il s'agit de la seule fois au cours de l'histoire où un cuirassé en a torpillé un autre ».

Alors que la bataille tournait en défaveur du cuirassé allemand, le commandant en second, Hans Oels, ordonna aux hommes se trouvant dans les ponts inférieurs d'abandonner le navire ; il demanda également aux mécaniciens machinistes d'ouvrir les portes des compartiments étanches et de préparer les charges de démolition. Le chef machine, Gerhard Junack, amorça les charges avec une mèche de neuf minutes et il entendit les explosions alors qu'il remontait. Courant en long et en large pour ordonner l'abandon du navire, Oels et une centaine de marins furent tués par une explosion sur le pont principal.

Les quatre navires britanniques avaient tiré plus de 2 800 obus de tout calibre sur le Bismarck, dont 400 au but, mais le cuirassé allemand restait à flot. Vers 10 h 20, Tovey, dont la flottille était presque à court de combustible, décida d'en finir et il demanda au Dorsetshire de torpiller le Bismarck tandis que les cuirassés étaient renvoyés au port. Le croiseur tira deux torpilles sur tribord, dont l'une toucha au but, puis se positionna sur bâbord et lança une troisième torpille qui percuta également le cuirassé. Au moment de ces attaques, le navire gîtait tellement qu'une partie du pont était submergé; il est ainsi possible que la dernière torpille ait explosé sur la superstructure bâbord du Bismarck qui était déjà sous l'eau. Vers 10 h 35, le navire chavira et coula par la poupe avant de disparaître cinq minutes plus tard. Certains survivants rapportèrent avoir vu Lindemann au garde à vous alors que son vaisseau sombrait. Junack, qui avait abandonné le navire avant son chavirage, ne vit aucun dégât sous la ligne de flottaison du côté tribord. Le lieutenant de vaisseau Von Müllenheim-Rechberg, adjoint en quatrième du service artillerie, nota la même chose, mais supposa que le flanc bâbord, déjà submergé, était bien plus endommagé. Environ 400 marins étaient naufragés et ils furent secourus par le Dorsetshire et le destroyer Maori qui les hissèrent à bord avec des cordes. À 11 h 40, des vigies du Dorsetshire repérèrent ce qui semblait être un sous-marin et le commandant ordonna l'arrêt des opérations de secours. Ayant recueilli respectivement 85 et 25 hommes, le Dorsetshire et le Maori quittèrent les lieux. Quelques heures plus tard, le sous-marin U-74 et le navire météorologique Sachsenwald récupérèrent respectivement trois survivants et deux survivants supplémentaires, dans deux radeaux (Herzog, Höntzsch, et Manthey dans le premier; Lorenzen et Maus dans le second). L'un des marins secouru par les Britanniques succomba à ses blessures le lendemain ; finalement, il n'y eut que 114 survivants sur un équipage de plus de 2 200 hommes.